Focus sur une pratique de coaching : le Coaching Cognitif et Comportemental

le Coaching Cognitif et Comportemental – éPISODE 1

l’automatisation des processus de pensée

Cette série articles se propose de vous présenter plus en détail le cadre théorique de ma pratique : le coaching cognitif et comportemental

Ce qui troublent les hommes, ça n’est pas la réalité mais l’idée qu’ils se font de cette réalité

EPICTETE – Le Manuel

Cette citation traduit assez bien l’objet du Coaching Cognitif et Comportemental (CCC) : rendre plus « utile » notre représentation du monde professionnel. Cette représentation correspond à ce que l’on entend derrière le terme « cognitif » qui signifie dans ce cas : « en rapport avec les processus de pensée ». En effet, derrière la réalité objective du monde, nous possédons une représentation du monde qui correspond aux interprétations que nous posons sur des faits bruts (« il pleut – fait brut -, donc la journée est foutue – interprétation du fait brut- » ) . Cette interprétation guide une partie nos actions et génère pour beaucoup nos émotions. Elle est ancrée au fond de nous, profondément intériorisée, si bien que d’une part, nous n’avons pas pleinement conscience de notre façon de fonctionner, et, d’autre part, il nous est difficile de comprendre qu’il est possible de fonctionner différemment. De plus, elle conditionne nos actions et nos réactions. Attardons-nous sur cette automatisation des processus par un exemple simple et concret : la conduite d’un véhicule.

exemple : l’automatisation du processus de conduite

Si vous avez le permis, peut-être vous souvenez-vous de vos premières heures de conduite. La conduite était fastidieuse, approximative, chaque geste était réfléchi et séquencé de façon méthodique : face à l’action à réaliser «tourner à droite au prochain croisement », je mène les actions suivantes:

  1. je mets mon clignotant droit
  2. je prends les informations devant moi
  3. je prends les informations derrière moi par un «  contrôle rétro »
  4. je freine légèrement
  5. je débraye
  6. je rétrograde (ce qui signifie lâcher la main droite du volant, puis attraper le pommeau de vitesse, puis trouver la vitesse inférieure sans détourner le regard de la route en restant le pied sur l’embrayage…)
  7. je ré-embraye
  8. j’accélère à nouveau légèrement
  9. je contrôle à nouveau mes rétroviseurs (central et à droite)
  10. je contrôle mon angle mort à droite
  11. je tourne le volant… (j’ai du malgré mes efforts encore rater quelques étapes tant il est difficile de « séquencer » chaque étape d’une action de conduite aussi simple que tourner à droite…)

Difficile au cours des premiers temps de faire autre chose que de conduire ; la concentration est au maximum, changer une station de radio, discuter, regarder autre chose de la route se fait au prix d’une maladresse au volant, d’un oubli… Pourtant après quelques années, le processus de conduite est tellement intériorisé qu’on a difficilement conscience de ce qu’on fait au volant et qu’il est possible de conduire en discutant, en écoutant une émission de radio, en regardant un paysage, voire plus…

distracted

les conséquences d’une conduite peut-être trop « automatisée »

Après plusieurs années, la conduite est devenu un acte automatique (ce qui explique la difficulté à repasser le permis, hormis les raisons qui ont amené à perdre son permis…). Imaginons à présent que quelque chose dans votre conduite ait été mal apprise : le processus est tellement ancré qu’il est difficile de le corriger (on entend ce cas là : « c’est comme ça« , « j’ai toujours conduit comme ça« , »je ne peux pas changer maintenant« …) Pour pouvoir le modifier, il faudra :

  1. Obtenir une vision suffisamment complète du processus (en CCC on parle de schéma cognitif)
  2. Identifier dans le processus, l’élément précisément problématique
  3. Générer une action au niveau de cet élément qui permettra d’améliorer la totalité du processus.

Ce qui est aisé à comprendre concernant la conduite et la route (le geste est technique, les règles sont assez simples et identiques pour tous) l’est moins pour son activité professionnelle. Pourtant, le Coaching Cognitif et Comportemental, au travers de techniques spécifiques issues des thérapies cognitives et comportementales (dont l’efficacité est scientifiquement prouvées) va procéder du même dispositif : 1- prendre connaissance des processus de fonctionnement « dysfonctionnels » ou « limitants » 2- dans le processus aller au plus prêts de l’élément « dysfonctionnel » (à noter qu’en CCC, il s’agit souvent d’une pensée « dysfonctionnelle » appelée « croyance limitante ») 3- travailler sur la modification de cet élément afin d’améliorer le processus dans son ensemble. Dans l’épisode 2, nous analyserons plus en détail les techniques de travail du coaching.