Comment faire financer une formation quand on est auto-entrepreneur ?

Comment faire financer une formation quand on est auto-entrepreneur ?

Quelle que soit votre activité , si vous travaillez comme auto-entrepreneur , vous avez sans cesse besoin de développer vos compétences pour répondre aux évolutions du métier ainsi qu’aux nouveaux besoins de vos clients.

Savez-vous que des financements existent quelle que soit votre activité : commerce, artisanat, prestations de service ou professions libérales ?

Par ailleurs, si vous n’utilisez pas chaque année votre budget formation , celui-ci est perdu. En effet, il n’est pas cumulable d’année en année.

Démarche à suivre

1 – montant du financement : environ 900 €/an (montant indicatif)

Chaque secteur d’activité (artisanat, commerce…) définit tous les ans des fourchettes de financements pour la formation de leurs adhérents dont les auto-entrepreneurs font partie. Ces critères de prise en charge peuvent évoluer en cours d’année en fonction des enveloppes disponibles. Les montants de remboursement sont consultables sur les sites internet des fonds d’assurance formation.

Pour monter un dossier, il est utile de regarder quels sont les thèmes de formation prioritaires financées par les Fonds d’assurance Formations ainsi que la durée minimale/maximale des formations. À titre indicatif, voici des exemples de montants de financements affichés ces dernières années pour des formations courtes non diplômantes :

  • Commerce : 1200 € par an.
  • Prestation de service ou professions libérales : 900€ par an et par professionnel

2 – Conditions requises

Voici les conditions préalables pour solliciter la prise en charge d’une formation :

  • avoir un SIRET en cours de validité
  • avoir réaliser un chiffre d’affaires (quel qu’il soit) lors des 12 derniers mois (ce qui entraîne une déclaration d’activité et une cotisation CFP (contribution à la formation professionnelle)
  • l’organisme qui réalise la formation est inscrit au DATADOCK

3 – Comment s’y prendre ?

Voici les sites liés à votre Fond d’Assurance Formation en fonction de l’activité principale :

IMPORTANT :
1- il est indispensable de constituer votre dossier avant le démarrage de la formation. Certains organismes refuseront de prendre en charge la formation si celles-ci a démarré avant la notification d’un accord de prise en charge.
2- il est à l’appréciation du Fond d’assurance formation d’accepter ou non la prise en charge totale ou partielle d’une formation. Plus votre dossier sera bien monté en amont et plus vous aurez de chances que celui-ci soit pris en charge.

Étape n°1 : s’inscrire sur le site de l’organisme collecteur

Pour connaître l’organisme une recherche avec votre code NAF ou APE suffit. Prenons l’exemple du FIFPL pour les professions libérales.

La première étape va donc consister à vous inscrire sur le site.

Étape n°2 : démarrer la demande de prise en charge de formation

Une fois que vous vous êtes enregistré sur le site, vous recevrez par mail vos identifiants de connexions.
En retournant sur le site muni de vos codes d’accès, pour pourrez démarrer votre demande de prise en charge en cliquant sur le lien de droite (cf. documents attachés en fin de document)

(Pour rappel, le numéro d’activité Datadock de Terrains d’Évolutions : 82690785569)

Une fois la première page complétée, il vous faudra compléter les éléments en lien avec la formation :

  • dates
  • nombre de jour de formation
  • nombre d’heures
  • coût HT et TTC hors frais de repas (les frais de repas ne sont pas pris en charge) :

Une fois ces éléments complétés, dans un second temps, il vous faudra fournir les documents suivants :

  • votre RIB
  • une Attestation de Versement URSSAF (Fonds de Formation des Non-Salariés) à votre nom (à télécharger à partir de votre compte URSSAF) ou Attestation d’exonération
  • un programme détaillé par journée de formation (cf. documents attachés en fin de document)
  • une convention de formation (cf. documents attachés en fin de document)

Noter qu’après la formation, il vous sera demandé une attestation de présence ainsi qu’une attestation de règlement (fourni par l’organisme)

Étape n°3 : valider sa demande de prise en charge

Une fois le dossier enregistré, il ne vous reste plus qu’à attendre patiemment l’accord du FIFPL. L’avancée du dossier est consultable sur le site.

EN SAVOIR PLUS : https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F31148

BESOIN D’AIDE : frederic@ateliers-ethiques.com

RAPPEL : FORMATION À LA VENTE POUR LES INDÉPENDANTS QUI N’AIMENT PAS ÇA

Jeudi 28 février & vendredi 1er mars

9h00-18h00

LYON 22 rue Terraille 69001 Lyon (cabinet Terrains d’Évolutions)

 

DOCUMENTS ATTACHÉS

convention de formation vendre

programme de formation f.chapuis vendre(1)

monter un dossier de prise en charge pour un indépendant

 

Qu’est-ce que travailler avec amour ?

« Qu’est-ce que travailler avec amour ? »

Extrait du livre « Le prohète » de Khalil Gibran

Khalil-Gibran

Khalil Gibran – illustration (source Alamy)

« Le prophète » de Khakil Gibran est un livre publié en 1923 qui connut un immense succès à sa sortie. Il fait parti des best seller du 20ème siècle, traduit dans plus de 20 langues.

Le livre traite de Almustapha, un homme sage et généreux, aimé de tous dans le village dans lequel il a vécu 12 ans. Le jour de son départ, les villageois, attristés et inquiets de sa perte, lui posent des questions sur certaines choses de la vie. Je vous retranscrit l’extrait traitant du travail.

« Alors un laboureur lui dit :

–  Parle-nous du travail.

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AFTERWORK – Jeudi 19 mai – 17h45 – Brasserie Alta Mente

19 mai 17h45 – Saint-Étienne

Afterwork des dirigeants :

« Bien-être au travail, aller bien pour aller loin »

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TELECHARGER LE FLYER COMPLET ICI

Vous êtes entrepreneurs, dirigeants de TPE, PME, je vous propose de participer à un afterwork sur le thème du bien-être au travail :

JEUDI 19 MAI DE 17H45 à 19H30

BRASSERIE ALTA MENTE

8 PLACE DU PEUPLE  42000 SAINT-ETIENNE

Nombre de places limitées

Participation aux frais 10 € (buffet)

(à régler sur place )

Après avoir identifiées les difficultés que peuvent rencontrer les dirigeants dans la conduite de leurs affaires, nous essaierons de cerner les conséquences négatives que peut avoir une absence de prise en compte de sa santé psychologique. Nous terminerons par une présentation du business coaching basée, notamment, sur la psychologie positive (« étude des conditions et processus qui contribuent à l’épanouissement ou au fonctionnement optimal des individus, des groupes et des institutions »)

PROGRAMME :

17h45 : Accueil

18h : exposé sur la thématique

18h45 : discussion

19h00 : buffet apéritif

19h30 : fin de l’afterwork

 

 

Vidéo -L’expérience optimale (Flow) par Mihalyi Czikszentmihalyi

Présentation de l’expérience optimale ou flow

Voilà ce que nous entendons par expérience optimale :

C’est ce que ressent le navigateur quand le vent fouette son visage et que le bateau fend la mer – les voiles, la coque, le vent et la mer créent une harmonie qui vibre dans ses veines ;

C’est ce qu’éprouve l’artiste peintre quand les couleurs s’organisent sur le canevas et qu’une nouvelle oeuvre (une création) prend forme sous la main de son créateur ébahi ;

C’est le sentiment d’un père (ou d’une mère) face au premier sourire de son enfant

(Czikszentmihalyi, 2004)

Mihalyi Czikszentmihalyi est un professeur de psychologie à l’université de Claremont en Califormie qui a mis en évidence le phénomène de flow ou d’expérience optimale. Il s’agit de l’état dans lequel se trouve un individu fortement engagé dans une activité pour elle-même. Le flow est le fruit de la bonne combinaison entre compétences mobilisables par rapport à un défi à atteindre.

En étudiant les artistes dans leur activité créative, il a travaillé autour de l’état d’implication optimal dans une tâche qui entraîne une très grande maîtrise dans celle-ci, accompagnée d’un bouleversement des perceptions extérieures, à travers une focalisation sur l’action que l’on mène. Il a baptisé cet état le « flow » (en français le flux) car les personnes interviewées parlait d’un état de grande fluidité où tout coule, tout s’enchaîne avec une impression de facilité.

Il a par la suite étudié les conditions d’apparition de cette expérience optimale ainsi que ses caractéristiques , qui sont notamment :

  • La tâche entreprise est réalisable, mais constitue un défi et exige une aptitude particulière
  • L’individu se concentre pleinement sur ce qu’il fait, sans se laisser distraire
  • La cible visée est claire et l’activité en cours fournit une rétroaction immédiate
  • La personne exerce le contrôle sur ses actions
  • La préoccupation de soi disparaît, mais paradoxalement, le sens du soi est renforcé à la suite de l’expérience optimale
  • La perception de la durée est altérée

 

(2/2) L’angle mort du match homme vs machine: coopération et force du collectif

(2/2) L’angle mort du match homme versus machine : la coopération et la force du collectif

(Cet article est la suite de l’article précédent intitulé « intelligence artificielle vs intelligence humaine : l’absurde comparaison « )

force-basque-feria

Nous avons vu dans l’article précédent que la victoire d’Alpha Go sur Lee Sedol pouvait être comparée à celle d’une moto sur un cycliste ou d’une grue contre un haltérophile. Contrairement à ce que laisse à penser le fantastique écho médiatique, il n’y a donc que peu d’informations à en tirer.

Néanmoins, une source d’enseignements peut être extraite de cette épisode. Il s’agit de la supériorité du collectif sur l’individu. En effet, Alphago est, sans nul doute, le fruit de la coopération d’une équipe composée d’ingénieurs, de chercheurs et de techniciens. Sans cette capacité à travailler ensemble, à coopérer (si caractéristique de l’être humain), il est pensable qu’AlphaGo n’aurait jamais existé.

Imaginons donc un cadre et des règles du jeu plus équilibré : la possibilité de jouer en équipe en face du collectif de Google Deep Mind ; et, bien sûr, qu’il soit laissé un temps de réflexion « raisonnable » à chaque coup (encore une fois, sans aller jusqu’à une équivalence stricte entre à la vitesse de pensée d’Alpha Go et le temps nécessaire pour un humain, ce qui n’est pas possible).

Les 6 caractéristiques d’une équipe efficace et performante

Voici une présentation de ce qui aurait été nécessaire à l’équipe de Lee Sedol pour composer une équipe efficace et performante :

collectif

Une équipe de 4 à 7 joueurs : à moins de 4, les interactions et les complémentarités sont faibles et les ego restent importants. A plus de 7, les interactions deviennent difficile sans médiation et le groupe rencontre des difficultés à prendre des décisions efficaces rapidement

Un objectif défini : une équipe est d’autant plus efficace et performante qu’elle a clairement identifié un objectif à atteindre et que cet objectif est partagé par l’ensemble des membres. De plus, pour être motivant il faut que cet objectif soit à la fois ambitieux et atteignable (tension supportable entre défi et compétences) et qu’il soit transcendant c’est-à-dire qu’il y ait une vision, un but « supérieur » (dans le cas de la partie de go : montrer que l’Homme qui coopère est capable de battre la machine)

Un cadre de fonctionnement dynamique : il faut que l’équipe conçoive et mette en place un système de fonctionnement qui d’une part met la bonne personne à la bonne place et, d’autre part, permet de la souplesse et de la capacité d’adaptation. Ce cadre doit être un équilibre entre solidité des rôles et des responsabilités et amélioration permanente du système.

Un climat de coopération : une équipe efficace est une équipe qui a la capacité de communiquer librement , d’échanger sur les problèmes, d’accepter les critiques constructives et de partager les informations. Le climat de confiance qui découle d’une franche coopération favorise la pensée innovante, la prise de risque  et l’engagement de chacun des membres pour un succès collectif.

Un feedback continu : l’équipe performante analyse en continu les facteurs de sa performance afin de maximiser sa réussite et de minimiser ses échecs. Il importe que l’équipe apprenne d’elle même (un peu comme Alphago se corrige  en jouant des millions de parties contre lui-même). Pour ce faire, l’équipe doit mettre en place un mode de fonctionnement adapté (à la façon du kaizen japonais) notamment en s’attachant autant à ses point forts qu’à ses points faibles, voire plus (le ratio de Losada,bien que contesté, indiquerait qu’on accorde trois fois plus d’importances au négatif qu’au positif).

Une motivation et une reconnaissance forte : Pour rester efficace, l’équipe performante a besoin de garder un très haut niveau de motivation. Cette motivation passe entre autres par une reconnaissance forte, par les membres et par l’extérieur, des compétences individuelles de chacun. Également, il faut que les membres du groupe aient conscience qu’ils sont importants et que leur travail est reconnu. Enfin, les résultats de leurs efforts doivent être visibles, mesurables de façon régulière.

En conclusion, si la victoire d’Alpha Go sur Lee Sedol est assez pauvre en enseignements sur la supériorité ou non de la machine sur l’homme, elle est intéressante sur le fait qu’elle a opposé un individu à un collectif. Pour être à peu près équitable, il aurait été nécessaire que la partie de go propose une opposition entre deux équipes : celle qui a produit le programme  et une équipe de joueurs. Bien sûr, pour qu’une équipe parvienne à travailler ensemble et à être performante, encore faut-il qu’elle soit motivée et entraînée à la coopération.

Esprit-d-equipe

Face à des problématiques complexes, le monde de l’entreprise a prouvé que seul un collectif performant et entraîné à travailler ensemble pouvait répondre efficacement. La création d’AlphaGo est vraisemblablement issue de ce type de collaboration. L’enseignement principal pourrait donc être  l’absolue nécessité de faciliter la coopération et l’esprit d’équipe en entreprise plutôt que de rechercher la performance via le talent individuel. Hélas, au regard de l’analyse médiatique purement technique du phénomène AlphaGo, il est possible que ce besoin de coopération en situation complexe reste encore, pour quelque temps, dans notre angle mort médiatique.

(1/2) L’autre leçon de la victoire (complètement biaisée) de la machine sur l’homme

L’autre leçon de la victoire (complétement biaisée) de la machine sur l’homme (1/2)

Si le dernier affrontement entre l’homme et la machine autour d’une partie de go n’a pas beaucoup d’importance et ne donne pas d’enseignements sérieux sur la supériorité de l’un sur l’autre (hormis à un jeu spécifique, le go, autour d’un cadre et de règles qui concernaient jusqu’à présent humain vs humain), ceci peut amener une réflexion sur la force du collectif par rapport au talent individuel. Il est ainsi possible de réfléchir sur l’importance de favoriser la coopération et l’efficacité des équipes pour répondre aux problématiques complexes.

La campagne médiatique de Google, dans l’affrontement de son logiciel AlphaGo et du numéro trois mondial du jeu de go, Lee Sedol, fut un grand succès. Nous avons été tenu en haleine pendant plusieurs jours pour savoir quelle était l’espèce dominante, de l’ordinateur ou de l’humain. Ce « combat des titans » s’est soldé par un succès clair (4 à 1) de la machine. L’espèce humaine serait donc dépassée par son enfant chéri et effrayant, l’intelligence artificielle.

Il en est fini de notre domination sur ce monde et le transhumanisme, l’idéologie de Google et de la vallée du Silicium (« Silicon Valley ») est la seule issue possible. Diable !

Hal

HAL – l’intelligence artificielle de « 2001 l’odyssée de l’espace »

Pourtant un regard critique sur les règles de cet affrontement pourrait remettre en question ces évidences portées avec un peu trop d’emphases et de forces par les médias.

Intelligence artificielle vs intelligence humaine : l’absurde comparaison

Tout d’abord, il est important de rappeler qu’Alphago est un programme spécialisé : il ne sait joué qu’au go et à rien d’autre. Il est probable qu’il soit ridicule aux petits chevaux et encore plus nul au mistigri. Au regard du match Alphago – Lee Sedol, il s’agit donc de nuancer un peu : l’intelligence artificielle serait supérieure à l’intelligence humaine dans la seule pratique du jeu de go. Ce qui n’exclue certes pas le mérite du programme Alphago tant le jeu de go est un jeu compliqué et subtil. mais quand même.

Lee-Sedol-famille

Lee Sedol, champion de go, jouant avec sa fille

Par ailleurs, si l’on s’intéresse uniquement à cette partie de go, trois points, en lien avec le cadre et les règles du jeu interpellent et pourraient sans doute entraîner l’annulation de la victoire par un hypothétique comité éthique ou un organe de contrôle : le fair play financier, les contrôles anti dopage et le respect du nombre de joueurs.

Non respect du fair play financier

Alpha go bénéficie de la puissance financière de Google revenus 2012 estimés à 50 milliards de $, capitalisation boursière d’environ 500 milliards de dollars) alors que les revenus annuels de Lee Seydol étaient estimés à environ 640 000 Dollars en 2012. Pour donner une comparaison entre Google et le coréen, c’est comme si le PSG (valeur estimée à 298 millions d’euros) jouait contre un club de foot dont la valeur serait de 4170 €.

Cas de dopage caractérisé

Chez les cyclistes, l’Epo améliore la performance des sportifs de « seulement » 10 à 16%  (au niveau de la consommation d’oxygène). De ce fait, l’usage de l’EPO est interdit. Par ailleurs, une grande partie du dopage est utilisée pour améliorer les capacités de récupération des sportifs afin d’augmenter les volume d’entraînement. Aussi, Il serait intéressant de savoir quelle est la puissance de calcul d’alphago en comparaison à l’intelligence humaine moyenne.

Par ailleurs, Alpha Go est capable de jouer des millions de parties contre lui-même dans des temps très courts, bien plus que ne pourrait en disputer un être humain dans toute sa vie (la durée réglementaire d’une partie de go est de 1h en France et il y a 8760 heures dans une année) .

Enfin, Alpha Go ne connaît pas la fatigue (sans doute l’effet des corticoïdes ?) et est doté d’une mémoire presque illimitée (l’usage de stéroïdes anabolisants ?). enfin, il ne fait jamais d’erreur n’ayant d’autre latitude que celle que lui autorisent ses algorithmes (pas de stress ? consommation de bêtabloquant ?).

déséquilibre du nombre de joueurs

On peut imaginer que le nombre de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens autour d’AlphaGo avant, après et peut-être pendant la partie était bien supérieur à l’équipe du coréen. Quand on sait que l’UCI prône l’interdiction des oreillettes des cyclistes car elles « dénaturent le sport cycliste » on peut se demander si les joueurs se situaient sur un pied d’égalité à ce niveau-là également. Finalement le match opposait une équipe (de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens) à un individu. Cela peut poser des problèmes de fair play  ?

En conclusion, comparer la victoire d’Alpha Go à un humain, fut-il le numéro 3 mondial de la discipline, équivaut à louer la victoire d’un dauphin dans une compétition de natation, d’une grue dans une compétition de force basque ou d’être impressionné-e par la victoire du PSG sur l’équipe de votre quartier. Bien plus intéressant serait d’étudier la force d’un collectif organisé (l’équipe de Google Deep Mind) face à un individu seul, fut-il talentueux

A suivre : (2/2) L’autre leçon du match Alphago – Lee Sedol : la coopération et la force du collectif

soirée informations/échanges : Le plaisir au travail, sortir du mythe pour dépasser la réalité

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Invitation

Lyon, jeudi 7 avril à 19h

Soirée thématique sur le thème du bien-être au travail

« Plaisir au travail, sortir du mythe pour dépasser la réalité »

Animé par Frédéric Chapuis

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Le flyer de présentation complet ci-dessous :

Flyer-conférence-plaisir au travail-complet

programme :

  • 18h30 : accueil des participants
  • 19h00 : conférence « gesticulée » sur le thème de la motivation et du plaisir au travail. A partir d’expériences vécues, seront présentés les principaux fondements de la motivation au travail et du bien-être en environnement professionnel (basé sur les apports de la psychologie positive*)
  • 19h45 : échanges/discussions/témoignages autour du thème
  • 20h30 : poursuite des échanges autours de boissons et mignardises
  • 21h00 : fin de la soirée

Au plaisir de vous retrouver nombreux !

*la psychologie positive est une discipline de la psychologie clinique développée depuis le début des années 2000, pour l’essentiel en Amérique du Nord, qui vise à l’étude scientifique des éléments favorisant l’épanouissement de la personne et le développement de la société.

Ouroboros (parti pris 2/2)

ouroboros (parti pris-suite et fin)

« L’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul » – Gandhi

ouroboros

Un ouroboros

Cet article est écrit en réaction aux attentats de Paris du 13 novembre 2015. Il fait suite à celui intitulé « le silence du réseau ». Il s’agit d’un parti pris. Il sort de la ligne éditoriale habituelle de ce site. Je suis coach et formateur en entreprise. J’interviens notamment sur les questions de plaisir au travail et d’éthique professionnelle. Ce site a pour but premier de promouvoir mon activité. Les articles que je poste vise d’ordinaire à partager des éléments qui me paraissent intéressants pour mieux comprendre le monde de l’entreprise et les grandes mutations qui sont en cours.

Aujourd’hui, si je fais le choix de traiter d’un sujet de société, c’est d’abord du fait de mon chagrin suite aux attentats doublé d’un sentiment d’impuissance. C’est ensuite parce qu’il s’agit d’un événement qui va sans doute marquer notre société profondément pour un long moment. C’est enfin parce que je suis convaincu qu’il y a des questions éthiques à poser autour de cet événement (j’ai défini ma conception de l’éthique dans l’article précédent). L’article précédent portait sur la difficulté du monde de l’entreprise à traiter de sujets impliquants qu’ils soient sociétales où qu’ils portent sur questions éthiques. L’article que je vous soumets ici porte sur les conséquences de nos actes et sur l’indispensable nécessité de soumettre nos actions au filtre de notre responsabilité afin de ne pas en subir des conséquences préjudiciables (pour nous ou pour autrui) à plus ou moins long terme.

J’espère que vous ne verrez pas dans cet article une critique moraliste des comportements inconséquents. Je sais à quel point, parfois « nécessité fait loi » et combien il est souvent difficile d’agir à rebours de nos intérêts à court terme. Il n’empêche. Je suis convaincu que nos décisions, nos actes ont des répercussions de plus en plus importantes et non maîtrisables dans un mode de plus en plus interconnecté et complexe, comme pour l’effet papillon. Pour moi, il est  devenu indispensable de réfléchir avant d’agir et d’agir « en conscience » c’est-à-dire en pesant les conséquences au préalable et en les assumant par la suite. Ceci tant au niveau individuel, que de l’entreprise mais également au niveau d’un État, qui plus est quand il se présente comme « le pays des droits de l’homme ».

Dans cet article, je ne me pose ni en expert du Moyen Orient, ni de l’Islam, encore moins de la géopolitique. J’écris en tant que citoyen, démocrate, patriote, touché et ému par la mort de 130 personnes innocentes qui cherche à comprendre et qui s’interroge sur les choix de nos représentants. Ainsi, je ne suis pas forcément légitime pour écrire et je vous invite à vous forger votre propre point de vue, à approfondir mes propos, voire à les infirmer ou à les critiquer.

L’idéologie de Daesh : le wahhabisme (ou salafisme)

le groupe terroriste, Daesh, fonde son action sur une idéologie que partage également l’organisation Al Qaeda : le Wahhabisme.

Le Wahhabisme est une doctrine politico-religieuse fondée au 18eme siècle par Mohammed ben Abdelwahhab. Elle prône un retour à une pratique rigoriste et stricte de l’Islam sans distinction des sphères privée et publique. Il s’agirait de se conformer aux pratiques du temps des Salaf (d’où le terme salafisme) signifiant les « pieux prédécesseurs » c’est-à-dire au temps des compagnons de Mahomet et des deux générations qui leur ont succédé (à peu près entre le 7ème et le 9ème siècle). La doctrine wahhabite impose une lecture rigoriste et puritaine du Coran et réfute toute interprétation ou adaptation de celui-ci.  Elle rejette tout ce qui ne vient pas de l’islam, impose une stricte séparation des sexes, invite à détruire les vestiges de la civilisation pré-islamique et condamne violemment (takfir) toute pratique différente de l’islam (qui est considéré comme apostat, lui aussi sévèrement condamnée). Cette doctrine récente (moins de deux siècles) qui réfute tous les autres courants religieux de l’Islam  est encore aujourd’hui considérée comme une idéologie sectaire par la majorité des musulmans.
Elle serait sans doute restée dans l’anonymat communautaire si cette idéologie n’était portée depuis le départ par plusieurs États de la Péninsule arabique notamment l’Arabie Saoudite et le Qatar.

La naissance de l’Arabie Saoudite

Au début du 20ème siècle, la doctrine wahhabite a permis au premier roi saoudien Abdelaziz Al Saoud d’obtenir une légitimité sur la péninsule arabique et d’unifier l’ensemble des tribus qui composait ce territoire épars. Il devint roi de l’Arabie Saoudite en 1926 et mis en place la dynastie wahhabite des Saoud. A noter que la conquête du pouvoir par Al Saoud se fit grâce à une milice religieuse extrémiste, l’Ikhwan dont les modes opératoires et les convictions étaient très proches de ceux de Daesh aujourd’hui (les drapeaux des deux organisations sont par ailleurs très similaires).

Abdelaziz-Al-Saoud

Portrait non daté du roi Abdel Aziz ibn Séoud d’Arabie Saoudite, 1er souverain de la dynastie saoudienne.

Bien que l’idéologie wahhabite soit portée dès leur création par l’Arabie Saoudite et le Qatar, rien ne la prédisposait à devenir une idéologie majeure du monde musulman (les premiers wahhabites refusaient pour la plupart tout contact avec le monde, jugé bien trop impur, et souhaitaient vivre de façon communautaire et retranché, un peu à l’image des Amish d’Amérique du Nord). Seulement le pétrole et sa rente sont passés par là.

Le pacte de Quincy – 14 février 1945

Le roi Saoud et le président Roosevelt sur l'USS Quincy le 14 février 1945

Le roi Saoud et le président Roosevelt sur l’USS Quincy le 14 février 1945

Le 14 février 1945, Franklin Roosevelt, président américain et Abdelaziz Al Saoud, roi d’Arabie Saoudite, scelle un pacte qui va unir les deux pays pendant 60 ans (et qui sera par ailleurs renouvelée en 2005 par G.W Bush). Ce pacte garantit à la monarchie saoudienne la protection des USA en échange notamment d’un accès total au pétrole. Plus précisément, les États-Unis garantissent à l’Arabie Saoudite leur protection et le maintien du leadership régional de leur allié en échange de quoi l’Arabie Saoudite garantit la majeure partie de l’approvisionnement énergétique américain. Fort de la protection américaine et riche de pétrodollars, l’Arabie Saoudite va en profiter pour promouvoir sa doctrine wahhabite dans l’ensemble du monde islamique (notamment via la ligue islamiste mondiale et l’université islamiste de Médine) afin de devenir peu à peu le centre névralgique de l’Islam au début des années 90.

Notons également que l’engagement des milices islamistes au côtés des américains dans la guerre d’Afghanistan contre l’URSS (1979-1989) a dynamiser l’émergence de djihadistes combattants (tel l’Ikhwan en Arabie Saoudite) dont, rappelons-nous, Oussama Ben Laden faisait parti. Bien que renouvelé en 2005, ce pacte commence à s’effriter après les attentats du 11 septembre 2001.

11 septembre 2001 – l’Arabie Saoudite embarrassée – prise de distance des USA

Si vous vous souvenez les attentats de New York du 11 septembre 2001, l’Arabie Saoudite était au centre de nombreuses questions qui portaient sur sa responsabilité indirecte dans les attentats : Oussama Ben Laden était un arabe proche de la famille d’Arabie Saoudite (son père était le fondateur de la Bin Laden Construction Group, une importante entreprise de bâtiments et travaux publics arabe), l’ensemble des terroristes étaient arabes, la question de l’intervention de fonds saoudiens dans l’attentat est encore aujourd’hui posée.
Suite au 11 septembre, les américains vont tenter de prendre leur distance avec leur ambigu et embarrassant allié : investissements colossaux dans le gaz de schiste (dont la rentabilité est faible mais dont l’exploitation leur permet de retrouver une indépendance énergétique) et rapprochement avec d’autres acteurs du Moyen Orient : la Turquie et plus récemment l’Iran.

La prise de distance des américains profite aux français

Hollande en visite en Arabie saoudite en janvier 2015. © Présidence de la République

Hollande en visite en Arabie saoudite en janvier 2015. © Présidence de la République

La nature a horreur du vide paraît-il, la realpolitik aussi. Du fait de la prise de distance des américains, c’est la France qui va se rapprocher de plus en plus des régimes wahhabites. Le Qatar tout d’abord avec les importants investissements des qataris en France, notamment le PSG, puis de l’Arabie Saoudite plus récemment avec notamment la visite du président et du premier ministre en Arabie Saoudite en début d’année et l’annonce de la signature d’importants contrats commerciaux (notamment, l’Arabie Saoudite participera de façon significative à l’achat des fameux navires Mistral par l’Egypte).

Les points communs Daesh- Arabie Saoudite-qatar

De nombreux points communs rapprochent nos ennemis de l’État islamique et nos alliés arabes et qataris :

  • Destruction des monuments historiques : l’Arabie Saoudite aurait détruit 98% de son patrimoine historique depuis 1985 ( source Time Magazine)
  • Crucifixion et décapitation : la peine de mort par crucifixion et décapitation est toujours (cf. la condamnation du jeune Mohammed Al-Nimr)
  • Peine de mort : 134 exécutions depuis le début de l’année 2015 (décapitation ou lapidation dans la plupart des cas)
  • Crime d’apostasie : le renoncement à l’Islam est considéré comme un crime et puni de peine de mort
  • Liberté d’expression : un jeune bloggeur saoudien Raïf Badawi a été condamné à 10 ans de prison et à 1000 coups de fouets à raison de 50 tous les vendredis après la prière, devant la mosquée Al-Jafali à Djedda.
  • Droit des femmes : les femmes ont obligation d’avoir un tuteur masculin qui décide pour elle s du mariage, des voyages, l’accès à l’éducation à la santé… Les femmes doivent portés un voile intégral (abaya) dans l’espace public.Et le Qatar, bien que moins rigoriste sur certains points (droit de vote des femmes adoptée en 2002 notamment) n’est pas en reste : flagellation, décapitation au sabre, condamnation de l’apostasie (peine de mort), accusations récurrentes de financer en sous-main des organisations islamistes radicales.

Conclusion : le syndrome de l’Ouroboros

L’Ouroboros est une représentation d’un dragon se mordant la queue. On le retrouve dans un très grand nombre d’anciennes civilisations qu’elles soient asiatiques, nordiques, grecques ou encore indiennes. L’ouroboros est symbole de mouvement, de cycle et de continuité. Mais également, Il est symbole du paradoxe (se dévorer et mourir en se nourrissant pour survivre).

Ouroboros

Ouroboros

En même temps que la France devient le terrain des terroristes tuant au nom d’une idéologie sectaire et millénariste, le salafisme, le gouvernement français s’enorgueillit de signer pour près de 10 milliards de contrats avec la monarchie saoudienne, dont l’idéologie est très proche de celle de Daech. Pendant ces tractations, rien ne sera dit du non respect des droits de l’homme, des conditions du bloggeur Raïf Badawi condamné à 1000 coups de fouets pour avoir administré un blog et de la condamnation à mort par crucifixion et par pendaison de Mohammed Al-Nimr coupable d’avoir manifesté pendant les printemps arabes (17 ans au moment des faits). Business is business.

Je vous recommande de visionner cette vidéo de France Inter.

Combien de temps pourrons-nous rester dans cette incohérence entre le monde des affaires et les affaires du monde. Combien de temps encore resterons-nous persuadés que « si c’est bon pour le commerce alors c’est bon pour le reste » ? Comment combattre d’un côté une idéologie parce qu’elle est celle de terroristes fanatisés et la tolérer d’un autre, lorsqu’elle est portée par des états puissants et riches capable de nous vendre du pétrole, de nous acheter des armes et de gérer nos clubs de foot ?

Si nous n’interrogeons pas le champs des valeurs et des principes, si nous n’essayons pas de mettre de la justice, de la morale dans nos actions, si nous ne sortons pas du cynisme dans lequel nous nous sommes installés depuis les années 70, alors comment pouvons-nous prétendre que notre modèle démocratique, que nos valeurs humanistes, les Droits de l’homme, sont des exemples à promouvoir sur l’ensemble de la planète ?

Gandhi disait « l’exemple n’est pas la meilleure façon de convaincre, c’est la seule ». La meilleure façon de vaincre une idéologie n’est-elle pas d’oser l’affronter sur son propre terrain, celui des valeurs et des principes en étant exemplaire et incorruptible sur le strict respect de nos principes? Certes, ce combat n’est pas le plus simple. Cela demande un haut sens des responsabilité et un haut niveau de conscience d’abandonner certains choix économiques au profit de principes moraux. Mais c’est la seule réponse efficace à proposer.

Pour conclure, André Malraux a écrit en son temps que le XXIème siècle serait spirituel ou ne serait pas. Il avait raison. Le champs des valeurs et des principes est omniprésent depuis 2001. Abandonnés par une société occidentale qui s’est laissée endormir, repue, par les sirènes du cynisme et du pragmatisme économique. Le champs des valeurs a été récupérée par les religieux les plus extrêmes. Le moment est sans doute venu de le réinvestir. A un moment où le bateau Humanité tangue de tout bord, Il est sans doute nécessaire d’élever notre niveau de conscience et de responsabilité. Nous sommes à la croisée des chemins.

Du plaisir et du sens dans la vie de tous les jours – conférence de Serge Marquis

« Du plaisir et du sens dans la vie de tous les jours »

 conférence de Serge Marquis (durée de la vidéo : 55 min)

Serge, lâche le riz !   S. Marquis

Ci-après une conférence drôle et lumineuse du médecin Canadien Serge Marquis, consultant et spécialiste de la santé mentale au travail. En 1995, il fonde sa propre entreprise, la T.O.R.T.U.E (Organisation pour Réduire la Tension et l’Usure en Entreprise). En 2015, il publie « On est foutu, on pense trop« . Il y met en scène notre cerveau (ou plutôt notre ego) au travers de « Pensouillard le hamster » qui est la petite voix terrée au fond de notre tête qui tourne en rond dans sa roue , qui en veux toujours plus, toujours plus vite et qui n’est pas souvent satisfait.

La conférence est un peu plus longue qu’un format Ted (elle dure 55 min). Cependant, si vous avez la possibilité d’y consacrer un peu de temps, vous y trouverez du plaisir (ses conférences sont dynamiques et assez drôles), tout en y récoltant des éléments utiles quant à la maîtrise de sa vie professionnelle.

J’aime tout particulièrement cette conférence car elle montre avec un certain brio qu’il y a un lien entre le plaisir que l’on trouve dans la réalisation d’un travail et le sens qu’on lui attribue.

Le silence du réseau (parti pris)

 Le silence du réseau (parti pris)

La seule responsabilité sociétale de l’entreprise est d’accroître ses profits

Milton Friedman

Les attentats du 13 novembre ont donné lieu à une communication massive sur le réseau social Facebook, notamment au travers de messages de soutien, de solidarité, la recherche de proches et la « bleu-blanc-rougisation » de son image de profil. L’émotion était partout, intense, paroxystique. Elle est encore actuellement même si l’intensité diminue.

A l’inverse,  les réseaux sociaux professionnels sur lesquels je suis présent, c’est-à-dire Viadéo et LinkedIn sont restés étrangement calmes, silencieux. Probablement, une personne qui ne verrait le monde qu’à travers LinkedIn  pourrait presque ne pas savoir qu’un événement grave vient d’arriver.

réseau social surexcité vs réseau social apathique ?

Je dois reconnaître que cela m’a laissé une impression étrange lorsque je naviguais de ma page Facebook à mes pages Viadéo et LinkedIn. D’un côté, une communauté numérique débordante de compassion, d’émotion, frisant l’hystérie et d’un autre côté, un réseau professionnel policé, sobre, rationnel, n’évoquant pas ou très peu l’attentat (quatre jours après, je n’ai trouvé qu’un témoignage -sur 150 relations directes- via une photo de la minute de silence dans une entreprise). C’était comme si le monde des affaires ne pouvait pas ou ne devait pas réagir dans une telle situation.

Moi-même, après avoir pensé poster un message sur Viadéo et LinkedIn, je me suis ravisé, estimant que ça n’était pas le lieu pour ce genre de démonstrations. Peut-être suis-je le seul. Ou peut-être que d’autres se sont abstenus de poster sur LinkedIn ou Viadéo pensant que ça n’était pas le lieu.

Cette attitude m’a intrigué et questionné…Le monde des affaires doit-il et peut-il rester hermétique aux événements tels que ceux que nous venons de vivre ?

Est-ce qu’aujourd’hui comme hier, on doit estimer comme Milton Friedman en son temps que « la seule responsabilité sociétale de l’entreprise est d’accroître ses profits » ?

Milton Friedman

Milton Friedman (1912-2006)

Personnellement, je ne le pense pas…

Oxymores

C’est un fait, je suis entouré par les oxymores. Après avoir travaillé dans le « commerce équitable » (bénévolement), puis dans la  « finance éthique »,  je propose aujourd’hui des ateliers autour du « plaisir au travail » et de « l’éthique en entreprise ». Beaucoup sourient ou grimacent quand j’évoque les termes d’ « éthique en entreprise ». D’ailleurs, je dois très souvent expliquer que l’éthique, ça n’est pas grave (comme disait le Doc en son temps), qu’on en fait tous un peu sans le savoir, comme Monsieur Jourdain, de la prose, mais que l’on peut parfois en faire un peu plus…

brève Définition de l’éthique

L’éthique est une discipline philosophique pratique (elle invite à l’action) et normative (elle propose des règles) dans un milieu donné. Une démarche éthique a pour but d’indiquer comment les êtres doivent se comporter et agir entre eux dans un espace donné. Elle est assez proche de la notion de morale en ce qu’elle essaie de discerner ce qui est bien de ce qui est mal. Elle s’en éloigne néanmoins dans le fait qu’il s’agit d’une démarche active, personnelle et en questionnement permanent.
Une démarche active parce que l’éthique concerne nos comportements et nos attitudes : il ne s’agit pas de penser le bien ou le mal mais d’agir en accord avec nos valeurs et priincipes.
Une démarche personnelle, parce qu’elle n’ambitionne pas de donner un standard, une règle générale mais elle questionne chacun d’entre nous en fonction de notre propre échelle de valeurs.
Un questionnement permanent, enfin, parce qu’on ne trouve point de vérités absolues au bout d’une « démarche éthique ». Dès lors, il s’agit d’interroger souvent nos actions au regard de nos valeurs et principes.

 Éthique en entreprise ? Où est le problème ?

D’après moi, il y a au moins deux raisons qui font qu’il est difficile de faire concilier les termes d’éthique et d’entreprise.

Premier contact avec la question éthique...

Premier contact avec la question éthique…

Tout d’abord, l’éthique c’est « emmerdant » (un peu comme le sparadrap du capitaine haddock). Une fois qu’on y a mis le doigt dessus, on est constamment confronté à des arbitrages entre ce que je veux faire, ce que je dois faire et ce que je peux faire, conformément au triangle de l’éthique ci dessous.

triangle de l'ethique

En effet, moi le premier, pour l’avoir vécu, je sais combien il est difficile de renoncer à un poste, une vente, une promotion, un avantage pour la simple raison que « cela ne se fait pas », que « cela n’est pas juste » ou que « cela n’est pas conforme à mes principes ». Du coup, on préfère souvent « éluder la question éthique », ignorer ce que l’on doit faire et ce que l’on veut faire, coincé que nous sommes dans ce qu’il nous est possible de faire.

dissonance cognitive

Et cet abandon est d’autant plus terrible quand on sait que céder sur ses principes n’est pas sans conséquences : la théorie de la dissonance cognitive a prouvé que dans une situation de conflit (tension) entre nos actions et nos valeurs, ce sont nos valeurs qui vont être modifiées afin de diminuer la tension générée par l’écart entre les deux. En d’autres mots, ce sont nos actions qui déterminent notre échelle de valeur et non l’inverse.

Ensuite, le monde des affaires,depuis plus de quarante ans (je dirais au sortir des Trente Glorieuses et à l’avènement des théories libérales de M.Friedman et F.Hayek) a imposé l’idée que nous devions avoir une approche pragmatique, voire cynique de nos actions et ne pas interroger leur moralité. Depuis les années 70, la question n’est plus de savoir si c’est bien ou si c’est mal mais si cela fonctionne, si c’est efficace, si c’est rentable.

Si ça l’est, alors continuons. Business is Business ! Tant pis pour les conséquences à long terme, pour les autres. Il en a été ainsi dans tous les domaines : écologie, développement, lien social, risques sanitaires… Le monde des affaires ne porte aucune responsabilité. Il n’a pas à questionner les conséquences de ses actions. Il ne peut pas d’ailleurs : la morale s’adresse aux personnes physiques et non pas… aux personnes morales… étrange paradoxe.

Comme on le pensait des abeilles au 18ème siècle, chacun est sommé de poursuivre son intérêt individuel (essentiellement financier et court termiste). La main invisible, besogneuse et dévouée, s’occupant du reste…

« With great power, comes great responsibility » B. PARKER

« With great power, comes great responsibility » B. PARKER

L’abandon des valeurs par le monde des affaires est tel qu’il est devenu surprenant, voire incongru de questionner l’éthique en entreprise. La question éthique est peu à peu sorti de l’univers professionnel. Si vous pensez que cela a toujours été le cas, je rappelle qu’en 1945, elle Général De Gaulle nationalisait Renault, Havas, Snecma pour motif de collaboration. Serait-ce envisageable aujourd’hui ?

Christophe Desjours indique que nos actions professionnelles sont tellement dissociées de nos valeurs que nous avons abandonné collectivement l’idée même  de penser le travail en terme de sens, de valeur, de principes. Il appelle cela l’acrasie. La tension est trop forte. Il s’agit dès lors pour survivre d’« endormir la pensée et l’affectivité face à des situations de plus en plus intenables ».

L’incapacité de parler d’autre chose que d’économie dans l’entreprise, ce déni des valeurs et donc l’absence de discussions ou d’échanges sur les attentats du 13 novembre sur les réseaux sociaux professionnels (en tout cas, vu de mon écran) relève peut-être de cela. C’est en tout cas, mon avis.

Peut-être que l’entreprise et les affaires ne sont pas le bon lieu pour cela…  « La seule responsabilité de l’entreprise est d’accroître ses profits ». L’affaire est réglée. Passons à autre chose… Et Pourtant…

Hollande en visite en Arabie saoudite en janvier 2015. © Présidence de la République

Hollande en visite en Arabie saoudite en janvier 2015. © Présidence de la République

Dans une seconde partie, je vais vous parler d’éthique des affaires et des attentats de Paris. Je traiterai de l’idéologie des terroristes de Daech, le wahhabisme, je vous parlerai des pays qui portent haut cette idéologie, sectaire et millénariste, l’Arabie Saoudite et le Quatar notamment. Je vous parlerai du cynisme de nos gouvernants qui, bien que connaissant les liens probables entre Daech et ses pays, oublient volontairement toute question éthique lorsqu’il s’agit d’affaires avec les monarchies arabes pour vendre quelques rafales et autres navires Mistral… Quel qu’en soit le prix… Business is Business